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 ETOILE DES VIPÈRES ▲ « 'cause we're so sick of you »

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Etoile des Vipères
Modératrice ◊ Chef de l'Ombre


Vos félins ♥
PUF ▬: Mocerino.
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MessageSujet: ETOILE DES VIPÈRES ▲ « 'cause we're so sick of you »   Mar 29 Avr - 15:02

so sick of you


tous droits réservés
Moi c'est Etoile des Vipères, mais on m'appelle Vipère, c'plus court. T'façon pour moi ça change pas grand chose à vrai dire. J'suis une nana, ouais je sais on s'en doute mais on sait jamais y'a des cons partout. J'ai trente-six lunes, j'suis pas ben vieille hein ? Il paraît que j'suis une chef au Clan de l'Ombre, moi j'ai surtout l'impression d'jouer la godiche sur une pierre dans un asile pour demeurés. J'ai un frère chéri,Esprit des Chimères, et une soeur adorée, Âme Bohême.


Ce qui frappe le plus chez Vipère, c’est peut-être ses yeux. Chez une jeune de son âge, avez-vous souvent vu un regard aussi blasé, désillusionné ? Alors c’est vrai, ouais, elle a d’beaux yeux, de vrais beaux yeux, d’un vert irisé de jaune et d’or, profonds, brillants, non, scintillants, mais toujours avec cette lumière désabusée au fond. Elle regarde le monde comme si rien n’en valait vraiment le coup, avec vivacité c’est vrai, mais sans réel intérêt. Peut-être qu’au fond elle a raison, et que y’a rien qui le vaut, ce foutu coup.
Elle fait pas la gueule, enfin pas vraiment, elle sourit pas tout le temps, elle a pas l’air jouasse, elle donne pas envie d’aller vers elle, mais parce qu’elle a pas envie d’aller vers les gens, parce que ça se voit dans sa démarche qu’elle est pas pareille, parce que quand elle sort de la tanière les autres la regardent en murmurant sur son compte, à « l’autre tarée ». C’est pas qu’ils pensent qu’elle est folle, non, juste qu’elle est pas comme eux, et ils ont jamais su quoi d’autre dire, sinon qu’elle était teubée. Alors ils la regardent marcher de son allure assurée et souple, comme si rien ni personne ne pouvait la faire tomber, ils regardent son corps maigre et élancé qui ondule sous son pelage fauve et tigré. Pas très grande, les os presque saillants, elle attire malgré tout, parce que malgré son physique un peu trop maigre, malgré son regard blasé, malgré son visage souvent fermé, elle respire la vie. Plus que n’importe qui.
Et puis elle ne combat jamais, aussi. Elle préfère courir, comme un lapin, ouais. Autant elle affronte en face tous les problèmes mentaux, autant en combat elle préfère se tirer. Lâcheté ? Vous foutez pas de ma gueule. Avec sa carrure dans tous les cas elle perdrait. C’est plutôt l’instinct de survie. L’humilité. Parce qu’elle est pas folle, qu’elle veut pas crever aussi bêtement. Ca vaut pas vraiment le coup. Alors elle se tortille comme une anguille et elle court, puisqu’à défaut d’être forte, elle est agile, rapide et surtout très endurante. Même si un coup de patte dans la tête l’envoie chez Morphée.
C’est vrai que même d’extérieur, elle est un peu bizarre, pas très engageante, et à la fois sacrément attirante. Elle a cette prestance des gens qui ne sont pas formatés comme les autres, chez qui il y a eu une couille dans l’installation du logiciel de ressemblance.
Et qui, en plus, en sont fiers.



« Connasse » est sûrement l’insulte qui sied le plus à Vipère.
Salope n’aurait pas été, elle est trop fidèle ; pas assez vénale pour poufiasse ; pas assez débile pour bouffonne ; mais elle est une véritable connasse. Cassante, méprisante des fois, cinglante, elle se fout du tact et du politiquement correct ; ce qui lui importe, c’est de dire ce qu’elle pense. Elle se fiche de la bienséance, et si celle-ci ne correspond à ses idées, elle ne la respectera ; si elle juge les règles normales et acceptables, elle s’y pliera. Alors vous imaginez, les règles de respect envers un autre chef, si elle le considère comme le plus beau salaud de la forêt, elle n’envisage même pas de les respecter un instant, et n’hésitera pas à s’engager dans une joute verbale, peu importe le prix, quand bien même c’est une balafre en travers de la gueule parce qu’à défaut de manier les mots avec excellence, elle est une piètre guerrière. Pour cacher cette faiblesse, elle fait marcher son meilleur muscle, le cerveau : elle a la répartie cinglante qui blesse et heurte, et une capacité assez rare à s’exprimer de façon fluide et convaincante. Attachée à l’histoire de son Clan, avec une excellente mémoire sur les faits importants, elle sait mettre en relation différents faits pour en faire des arguments imparables, qui déstabilisent assez souvent. Par sa harangue, elle peut tout aussi bien empêcher une guerre que la déclencher, mais par intérêt envers son Clan elle préfère le plus souvent faire appel à son minuscule fond de diplomatie pour sauver les meubles. Parce que oui, malgré tout, elle a un minimum de sens du correct, et parvient quelque fois à ravaler ses piques brûlantes en serrant très forts les dents et en plantant ses griffes dans le sol, pour éviter de s’embarquer dans une situation qui, elle le sait, l’épuisera juste davantage que ce qu’elle n’est déjà.

Au fond, Vipère est fragile. Tellement fragile qu’elle s’est construit une coquille d’acier avec son ironie mordante, parce que depuis toute petite, elle a pris le rôle de la grande sœur, de celle qui protège, de celle qui détruit le premier qui touche à un cheveu de sa fratrie, qu’elle protège comme la prunelle de ses yeux. Pardon, qui est la prunelle de ses yeux. Pour eux, elle irait jusqu’au bout du monde, peu importe si ça la saigne, peu importe si ça la tue ; pour elle, elle s’est jurée de toujours paraître forte, et enfouit au plus profond d’elle le moindre de ses problèmes. Ses troubles du comportement alimentaire pour commencer. Elle alterne les phases de jeun total avec celles où elle se gave de nourriture, au point de s’en sentir malade, mais se tait et enfoui tout au fond d’elle par peur que Chimère et Bohème ne s’inquiètent pour elle, voire pire, par peur qu’ils essaient de la protéger. C’est vrai quoi, la protectrice, c’est elle, c’est son boulot, on ne va pas lui voler son rôle tout de même ? Ce serait humiliant, ce serait rabaissant, ce serait comme si elle n’était pas assez bien pour être celle qu’elle a toujours été. A vrai dire, elle souffre aussi d’une sorte de complexe d’infériorité, elle est persuadée que lorsqu’elle entend un rire derrière elle, c’est qu’on se moque d’elle, elle est persuadée qu’elle ne vaut pas le coup, qu’en réalité elle n’est pas assez bien, mais enfoui tellement bien ces peurs irrationnelles qu’elle en vient à les oublier, jusqu’à ce que, la nuit venue, tapie dans sa tanière solitaire de meneuse, elles ne lui retombent dessus comme autant de harpies.

Alors on récapitule. Connasse, cynique, cassante, se foutant bien des règles et du politiquement correct, faisant comme bon lui semble, mais en réalité hantée par des peurs dont elle n’a jamais pu se défaire, persuadée qu’elle doit tout intérioriser, et avec le sentiment d’être moins bien que tous les autres, alors que, paradoxalement, elle se trouve justement au-dessus dans la hiérarchie.
Compliquée, Vipère ? Et puis quoi encore !


« Toi et moi, on s’était dit pour la vie, pour toujours, jusqu’à jamais, jusqu’au bout du monde, jusqu’au bout de notre corps, jusqu’au bout de notre âme, jusqu’à ce qu’on en puisse plus, jusqu’à ce que tout s’effondre, jusqu’à ce qu’il n’y ai plus que de la cendre, jusqu’à ce que le monde s’arrête de bouger, jusqu’à ce que la terre s’arrête de tourner, jusqu’à ce que le ciel nous tombe sur la tête, jusqu’à ce que nos cœurs s’arrêtent. Tu te souviens ? Tu te souviens … ? »






PARTIE UNE ; be still, can't refuse, in a world of shame, born to lose.

« Vas-y, rejette la faute sur moi, une autre raison pour être en désaccord. Sourd à toute la vérité à coup sûr, entend le marteau frapper à ta porte. Mais tu sais que ce ne sont que des contes de fées, le coeur lourd comme un sac de clous, lèves-toi ! Montre ton visage, une autre victime de la froide étreinte. Avant trop longtemps, plus de chanteurs, plus de chansons. Oh non, dernier appel, tu avais une chance, tu as tout perdu. Tu as de mauvaises nouvelles, jamais appris à danser - né pour perdre. Raconter des mensonges fait juste empirer les choses, un autre être cher, aveugle et maudit, ne pas dire la vérité, que des mensonges, tout ce dont nous avons besoin est une raison. Mais ensuite tu oublies toujours le point, ton temps parfait est sorti de ses gonds. Lève toi ! Mords-toi la langue, l'enfer arrive et il ne sera pas long. Ta vie gâchée, coupée en lambeaux avec un millier de couteaux. Maintenant, ici, perds ton esprit, mais ne montre aucune crainte. Brûle lentement, aucune excuse, si méchant - né pour perdre. Sois éternel, tourne le dos, tu ne peux pas survivre, et c'est un fait, je sais que tu ne peut pas croire que c'est vrai, les mauvaises années te rattrapent. Maintenant ton visage est terriblement pâle, je n'avais jamais pensé que ça allait échouer. Lève-toi ! On te pousse vers le bas, le ver qui vous attend dans cette terre aride. Ton dernier adieu, douce justice pour ta vie gâchée. Maintenant, sans doute, dans un monde de douleur, pas d'issue. Être encore, ne peut pas refuser, dans un monde de honte - né pour perdre. Pas de remords, ne peut pas faire face, aucune fuite, en fumée. Fondu, nous accusons, le temps de payer - né pour perdre. Né pour perdre. »
MOTÖRHEAD - BORN TO LOSE

« Maman, pourquoi on a pas le droit de sortir ? Pourquoi on est condamnés à se faire chier ici ? Je m’ennuie, laisse-moi sortir, maman bon sang laisse-moi sortir ! »

Gamine déjà, Vipère ne fut pas le genre de chaton qu’on veut avoir.
Grande gueule d’une fratrie de trois enfants, elle semblait avoir décidé dès sa naissance qu’elle détesterait le monde. Elle ne comprenait pas pourquoi on lui interdisait de sortir alors que des gamins à peine plus vieux qu’elle, six lunes, après tout ce n’est pas grand-chose !, en avaient le droit, alors elle répétait la question en boucle à sa mère, s’énervant quand on ne voulait pas la laisser sortir, parce qu’elle se sentir moisir dans cette pouponnière à l’atmosphère hypocrite bien que guindée. A la différence de son frère, Petite Chimère, et de sa sœur, Petite Bohème, Petite Vipère n’était pas le genre de gamine naïve et innocente qui regarde le monde en acceptant gentiment ce qu’il ferait d’elle ; elle était l’espèce de décalée de la famille, celle qui passait pour avoir une tare, celle qui ne voulait jamais faire comme les autres. Rapidement, elle parvint à élaborer des plans pour s’enfuir loin de la pouponnière, avec comme seule idée s’isoler loin de tous ces chatons qui la regardaient en grommelant, en susurrant des surnoms, en utilisant son patronyme comme une insulte. Piquée dans son honneur comme un serpent qu’on taquine avec le bout d’un bâton, elle cherchait à fuir le camp dès que possible ; mais le plus souvent, à peine le tunnel passé, à peine la plénitude de la liberté s’étalant devant elle, un guerrier l’attrapait par la peau du cou, lui hurlait dessus sans chercher un instant à comprendre ses explications et encore moins ses complaintes, et la redéposait à sa mère après avoir fait un scandale dans tout le clan.
Il arriva quelque fois que Bohème se fisse attraper avec elle, dans une tentative d’escapade aussi, bien que Vipère fisse le plus attention possible à ne pas embarquer sa petite sœur ; toutefois, elle réalisa très vite qu’elles ne sortaient pas pour les mêmes raisons. L’univers ouaté du camp était trop petit pour l’imagination débordante et le besoin d’émerveillement de sa sœur, tandis qu’à ses yeux, s’il était trop étroit, c’était qu’il l’empêchait de respirer, et qu’elle se sentait comme mise en cage, incapable de s’épanouir dans cette fortification qui se révélait être à ses yeux une prison. Toutefois, lorsqu’on disputait sa sœur, elle prenait immédiatement sa défense, criant plus fort que parlaient ceux qui les engueulaient que si Bohème était sortie, c’était parce qu’elle l’avait suivie, et qu’elle était la seule à punir ; il lui semblait impératif de défendre sa petite sœur, fragilisée par son souffle au cœur, de la protéger, de prendre les coups à sa place, sait-on jamais que ç’eut pu lui faire du mal.
Ce fut un peu plus difficile avec Petite Chimère. A écouter leur père rire de la supériorité masculine sur les femelles, il chercha vainement à jouer les mâles dominants qui protègent, mais avec trop peu de conviction pour que Vipère ne se leurre : il était raillé de tous les autres, sans comprendre pourquoi, et avec sa petite stature et son regard innocent, il était moins apte à jouer les grands frères que Vipère, qui portait décidément son nom comme un gant, ne l’était à prendre le rôle de sœur ainée presque psychotique tant la protection de son frère et sa sœur lui était importante. Plusieurs fois, elle attaqua verbalement avec violence des malheureux – ou pas – qui avaient eu l’idée stupide de s’en prendre à son frère pour son physique, et se prenait la toute aussi petite mais mille fois plus hargneuse Vipère en pleine gueule. Parallèlement, la candeur naïve de son frère qui se laissait insulter sans comprendre jusqu’à ce qu’elle arrive tous crocs dehors l’irritait légèrement, et elle finit par lui lâcher très franchement sa façon de penser.
« Non mais aussi tu fais que dalle pour te défendre, tu te baladerais avec un écriteau ‘venez m’emmerder’ ce serait la même chose ! Je sais pas moi, essaie de te battre un peu, tu veux être le chef non ? Montre leur que t’es fort et qu’ils doivent te respecter, parce que sinon c’est mal barré Chim ! Montre leur qui c’est qui commande ! »

Elle se montra peut-être un peu trop convaincante, ou alors elle le disputa trop, ou peut-être qu’elle lui donna alors le déclic qu’il attendait ; il advint que quelques semaines plus tard, Petite Chimère, le futur valeureux guerrier de la famille, le mâle, voulut se battre, en partie pour jouer, en partie par honneur, avec un chaton de la pouponnière, et sortit ses griffes. Voulut sortir ses griffes. A l’instar de Petite Bohème, le félin souffrait d’une malformation, et ses griffes mal implantées s’avérèrent inutilisables. Petite Vipère vit alors les espoirs de son frère se cristalliser et s’éclater au sol juste devant ses yeux, impuissante, et sentit son cœur s’écarteler lorsqu’on annonça à Petite Chimère que jamais, non, jamais il ne pourrait être guerrier. Pourquoi fallait-il que ce soit lui ? Elle aurait bien voulu prendre sa place, être infirme, ne pas pouvoir suivre le même parcours que les autres, peu lui importait à elle qui ne voulait surtout pas devenir apprentie, tant que Chimère pouvait réaliser ses rêves ; or, en partie par sa faute, il avait découvert qu’il ne pourrait jamais aller au bout de ses ambitions d’enfant, et elle se sentait en partie responsable de cette brusque désillusion dont souffrait son jumeau.






PARTIE DEUX ; johnny s'en va-t-en guerre

« Johnny s'en va t’en guerre, Johnny est jeune et fier ; dans son bel uniforme il se prend pour un homme ; Johnny a belle allure, Johnny est jeune et pur, Johnny est volontaire pour aller en enfer. Johnny ne sait pas encore, Johnny ne sait pas encore que la guerre lui réserve un sort pire que la mort. Johnny ne sait pas encore, Johnny ne sait pas encore, qu'en allant à la guerre il ira en enfer. Il sera un héros servant la patrie, Johnny n’a pas compris qu'elle se moque de lui,
Que faisant son devoir, il vivra un cauchemar et qu'on lui a menti, que la guerre n'est qu'une boucherie. Johnny ne sait pas encore, Johnny ne sait pas encore que la guerre lui réserve un sort pire que la mort, Johnny ne sait pas encore, Johnny ne sait pas encore qu'en allant à la guerre, il ira en enfer. Johnny ne sent plus rien, Johnny n'entend plus rien, ,on Johnny n’est pas mort mais c'est bien pire encore, Johnny souffre le martyre, Johnny voudrait mourir, mais personne ne l'entend, perdu dans le néant. Johnny ne sait pas encore, Johnny ne sait pas encore que la guerre lui réserve un sort pire que la mort, Johnny ne sait pas encore, Johnny ne sait pas encore qu'en allant à la guerre, il ira en enfer »
LES SALES MAJESTES - JOHNNY S'EN VA-T-EN GUERRE


Le baptême d’apprenti arriva trop tôt aux yeux de Vipère, qui aurait préféré rester plus longtemps sans autre surveillance que celle, souvent défaillante, de sa mère. Petite Chimère, après avoir passé de longues heures à pleurer et à se lamenter, soutenu par ses deux sœurs, effarées, le cœur de Vipère serrée d’être la cause de cette révélation soudaine, avait réussi à convaincre le meneur de le nommer apprenti malgré tout, jurant à qui voulait l’entendre jurer qu’il développerait les meilleurs techniques de chasse et de combat par morsure. Petite Bohème, quant à elle, ouvrait toujours sur le monde ses grands yeux candides, et voyait avec la même joie que tous leurs camarades le jour du baptême se rapprocher. Au fur et à mesure que le temps passait, Petite Vipère réalisa peu à peu qu’elle ne raisonnait réellement pas comme le reste de sa famille, ni même du clan d’ailleurs, et qu’elle faisait partie des seules à voir cette hiérarchie comme pesante et inquiétante, et se tut, comprenant qu’elle aurait beau le dire à quiconque voudrait bien l’écouter, personne ne l’entendrait vraiment.
Le jour du baptême arriva, et on accorda son apprentissage au lieutenant. Au sous-chef. A un des plus hauts représentants d’une autorité qu’elle jugeait rébarbative et oppressante. Tombant de haut, à la fois révoltée et dégoûtée, elle vit très vite le regard méprisant de ses camarades se teinter de jalousie en la voyant prise en tutelle par l’un des plus respectés guerriers du clan. Dès le premier entrainement, la relation entre le vétéran et la jeune chatte s’avéra tendue. Elle ne voulait pas de mentor, et il n’aurait pas voulu d’apprentie. Ils passèrent les premiers jours sur la défensive, à se regarder en chien de faïence, à se tester l’un l’autre, pour voir qui était le plus à même de céder à la mauvaise humeur de l’autre, et finirent bien par se mettre d’accord sur un point : ni l’un ni l’autre ne craquerait.
Pour obtenir ce qu’il voulait d’elle, le félin eut recours à toutes les méthodes qu’il connaissait. La plus simple, consistant à hausser le ton en fronçant les sourcils fit chou blanc dès qu’elle braqua sur lui un regard désabusé et méprisant. Celle, pas beaucoup plus poussée, qui passait par hausser le ton et se dresser de toute sa hauteur devant elle, eut pour résultat une fabuleuse prise de bec dans lequel elle rabaissait ses techniques d’intimidation, lui montrant par le simple fait de répondre qu’elles avaient tout autant échoué. Crier, hurler, punir, se battre avec elle, rien n’y fit, il avait beau tout essayer pour avoir le dernier mot, elle finissait toujours par en rajouter un après lui, et par faire ce qu’elle voulait de son temps. En parallèle, il dut vite admettre qu’elle était sûrement une des meilleures coureuses qu’il n’ait jamais pu voir. Certes, un simple coup de patte dans la tête l’envoyait dans les vapes, certes, elle manquait son lapin une fois sur trois, certes, elle se branlait tellement des frontières qu’elle n’aurait pas fait une bonne gardienne, mais lorsqu’il la faisait courir, elle filait à une vitesse telle qu’il imaginait déjà toutes les façons de mettre à profit cette qualité. Et puis, lorsqu’elle courrait, il devient bien admettre qu’elle lui imposait un certain respect. Et de la fierté.
Peu à peu, il réalisa qu’il devait changer de technique pour amadouer la jeune chatte, qui préférait passer du temps à réconforter son frère, qui dut renoncer à son entrainement de guerrier à la suite d’un accident qui, aux yeux de la jeune femelle, ne servit que de prétexte pour faire de lui un guérisseur. Au lieu de la punir, il lui demanda si elle était d’accord. Au lieu de crier, il l’écouta. Au lieu d’imposer, il proposa. D’abord méfiante, Nuage de Vipère finit par le regarder avec un peu moins de mépris. Puis encore un peu moins. A être un peu moins réticente à tout ce qu’il voulait faire. Elle finit même par lui offrir du respect, un petit peu, pas trop quand même. Sans pour autant se plier à tout ce qu’il disait, elle accepta de faire quelques efforts, et d’améliorer ses capacités de chasse, et s’améliora rapidement. Malgré tout, elle stagnait en combat, mettant du mauvais cœur à chaque leçon, refusant tous les exercices en solitaire qu’il lui proposait pour s’améliorer, jusqu’à ce qu’il réalise que ce n’était pas les exercices qu’elle refusait, mais bel et bien de s’améliorer.
« Je ne te comprends pas, Nuage de Vipère, tu es une excellente coureuse, une bonne chasseresse, pourquoi te pénaliser toi-même en refusant le combat ? »
« Et moi je comprends pas ce qu’il y a de bien dans le combat. »
« Eh bien tu saurais te défendre, te … »
« Pour se défendre, encore faut-il qu’il y ai un agresseur. Et les agresseurs, moi, je les attaque avec mes mots. Se frapper dessus comme des idiots, je ne vois pas l’intérêt. On peut très bien se comporter avec un peu plus de maturité et parler, même si c’est en restant sur la défensive, même si c’est pour s’en faire bouffer dans la gueule. Et puis c’est vraiment plus drôle. »
« Mais enfin Vipère, comment tu feras quand il y aura la guerre ? »
« J’irais leur parler pour l’éviter. »

Elle ne sut jamais si cette discussion fut à l’origine du choix soudain de son mentor de la faire passer guerrière, ou si ce fut pour la soulager de la pression constante qu’un Nuage de Chimère rendu invivable par sa désillusion lui imposait, ou encore parce que l’entrainement de Nuage de Bohème se rapprochait de son terme. Cette dernière irritait tout autant sa sœur, de par la grande importance qu’elle donnait à ce que les autres appelaient « l’art du combat », et que Vipère qualifiait souvent de « massacre façon barbare ». Peu à peu, le jour du baptême arriva, en même temps que la fratrie grandissait. Bohème restait toujours aussi naïvement attendrissante, Chimère se fit peu à peu à sa vie de guérisseur, et Vipère rencontra Vol du Héron.







PARTIE TROIS ; tu nous entends le blizzard, tu nous entends !?

« (Tu te demande si tu es une bête féroce ou bien un sain. Mais tu es l'un et l'autre, et tellement de choses encore. Tu es infiniment nombreux. Celui qui méprise. Celui qui blesse. Celui qui aime. Celui qui cherche. Et tous les autres ensemble.Trompe-toi, sois imprudent, tout n’est pas fragile. N’attends rien que de toi, parce que tu es sacré parce que tu es en vie. Parce que le plus important n’est pas ce que tu es, mais ce que tu as choisi d’être.) Oh qu’est-ce que tu fais ? Arrête ! Qu’est-ce qu’il te prend de faire des trucs pareil ? Pourquoi tu te fais du mal comme ça ? Qu’est ce qui ne va pas ? Parle-moi, tu sais que tu peux tout me dire ! Mais nan mais c’est des conneries tout ça tu le sais, regarde-moi dans les yeux. Regarde-moi. On s’en branle, c’est pas important. Moi je te trouve magnifique. Depuis la première fois que je t’ai vu ! D’ailleurs, je ne m’en suis toujours pas remis ! Et puis comment je ferais sans toi moi ? Et puis comment l’univers il ferait sans toi ? Ca ne pourra jamais fonctionner. C’est impossible. Alors faut pas pleurer ! Faut pas pleurer. Parce que ça va aller je te le promets, ça va aller, parce qu’on est de ceux qui guérissent, de ceux qui résistent, de ceux qui croient aux miracles, pas de ceux qui disent que lorsque les tables bougent, c’est que quelqu’un les pousse du pied ! Mais un jour tout ça on n’y pensera même plus, on aura tout oublié, comme si ça n’avait pas existé ! En attendant passe tes bras autour de mon cou si tu veux, pendant que je te répète ces phrases qui nous donnaient de l’élan. Tu te souviens ?.. Tu te souviens ? Tu nous entends le Blizzard ? Tu nous entends ? Si tu nous entends, va te faire enculer ! Tu pensais que tu allais nous avoir hein ? Tu croyais qu’on avait rien vu ? Surprise, connard ! Tu nous entends la Honte ? Tu nous entends ? Si tu nous entends fais gaffe quand tu rentres chez toi toute seule le soir, on pourrait avoir envie de te refaire la mâchoire avec des objets en métal ou de te laver la tête avec du plomb, qu’est-ce que t’en dis ? Tu nous entends la Tristesse ? Tu nous entends ? Si tu nous entends, c’est que toi aussi, tu vas bientôt faire ton sac, prendre la première à gauche, deuxième à droite, puis encore à gauche et aller niquer ta race, félicitations ! Bravo ! Tu nous entends la Mort ? Tu nous entends ? Si tu nous entends sache que tu nous fais pas peur, tu peux tirer tout ce que tu veux, on avance quand même, tu pourras pas nous arrêter, et on laissera personne derrière, on laissera personne se faire éliminer, tout ça c’est fini ! Tu nous entends la Dignité ? Tu nous entends ? Si tu nous entends sache qu’on a un genou à Terre et qu’on est désolés On est désolés de tout ce qu’on a pu te faire, mais on va changer ! On va devenir des gens biens, tu verras ! Et un jour tu seras fière de nous ! Tu nous entends l’Amour ? Tu nous entends ? Si tu nous entends, il faut que tu reviennes parce qu’on est prêts maintenant, ça y est, on a déconné c’est vrai mais depuis on a compris, et là on a les paumes ouvertes avec notre cœur dedans, il faut que tu le prennes et que tu l’emmènes Tu nous entends l’Univers ? Tu nous entends ? Si tu nous entends, attends-nous ! On arrive ! On voudrait tout comprendre, tout savoir, tout voir, tout vivre ! On cherche la porte du nouveau monde pour pouvoir s’y fondre en grand ! Tu nous entends toi qui attends ? Tu nous entends ? Si tu nous entends souviens toi que t’es pas tout seul, jamais ! On est tellement nombreux à être un peu bancals un peu bizarres, et dans nos têtes il y a un blizzard, comme les mystiques losers au grand cœur. Il faut qu’on sonne l’alarme, qu’on se retrouve, qu’on se rejoigne, qu’on s’embrasse, qu’on soit des milliards de mains sur des milliards d’épaules, qu’on se répète encore une fois que l’ennui est un crime, que la vie est un casse du siècle, un putain de piment rouge ! Nique sa mère le Blizzard ! Nique sa mère le Blizzard ! Tout ça c’est fini ! »
FAUVE - BLIZZARD


Lorsque le meneur, juché en tremblant sur son promontoire, baptisa Vipère, Chant des Vipères et Bohème, Âme de Bohème, la joie de la seconde fut telle qu’elle en oublia la règle de veillée silencieuse imposée aux nouveaux guerriers. Elle hurla d’un ton strident le nom de Chimère et partit vers lui en courant, jusqu’à ce que les membres du clan lui rappellent avec force reproches qu’elle n’aurait jamais dû l’ouvrir. Par solidarité et par provocation envers le Clan, Vipère prit immédiatement sa défense, invoquant l’amour entre frères et sœurs, la fierté qu’elle éprouvait de sa petite sœur, et celle qu’éprouvait de même Chimère, le bonheur naïf de Bohème, et plaida sa cause, sans se soucier d’invalider son propre baptême dans la foulée. A défaut de pouvoir passer guerrières le soir même, elle parvint à faire cesser les reproches qui pleuvaient comme autant de coup sur sa sœur, et passa la nuit lovée contre elle, crachant et feulant sur le premier qui tentait de les approcher et de ruiner le sentiment de complicité qui brûlait en elle.
Par cette prise de position, elle obtint le respect de certains membres du clan, qui admirèrent son engagement et admirent qu’elle avait des valeurs ; mais la plupart se contentèrent de jaser sur son acte stupide et impulsif, levant les yeux au ciel quand ils la voyaient faire perdre son temps à un lieutenant de plus en plus surchargé de travail, car le meneur vieillissait. Quelques lunes plus tard, elles furent enfin nommées guerrières. Lorsqu’on scanda son nom, Vipère croisa le regard brûlant de Vol du Héron, et se jura de lui parler le lendemain. Le lendemain, elle se jura de lui parler le surlendemain. Et ainsi de suite.
Au final, ce fut lui qui l’aborda, et le courant passa immédiatement, ils discutèrent et rigolèrent, et elle le quitta le cœur battant. De fil en aiguille, ils passèrent de plus en plus de temps. Ils se racontaient leurs plus intimes secrets ; elle lui confia sa culpabilité à l’idée d’avoir fait réaliser son handicap à Chimère, elle lui parla de la naïveté de Bohème, qui l’attendrissait autant qu’elle l’inquiétait en lui inspirant une peur terrible qu’on n’en joue, et puis elle murmura sa perplexité à l’instar des autres, et de leur comportement, tous semblables les uns aux autres. Lorsqu’il la regardait au fond des yeux, elle avait cette sensation, cette impression qu’il la comprenait. Peu à peu, elle se sentit vide, loin de lui, elle éprouva le besoin constant de le chercher du regard où qu’elle se trouve, elle chercha par tous les moyens à trouver sa présence, lui faisant promettre de venir la voir, riant avec lui, cherchant par toutes les façons possibles de lui soutirer des compliments ou un mot doux, dont il la couvrait dès qu’il pouvait. Ils se tournèrent autour, ils s’épièrent, ils jouèrent au chat et à la souris, puis, comme une évidence, se tombèrent dans les bras l’un de l’autre. Il se fit alors un immense silence alentour, et le reste du monde se mit à compter pour du beurre. Elle crut vivre l’idylle, et se jucha sur son nuage, le visage tatoué d’un nouveau sourire, le regard illuminé, resplendissante d’une joie qui la faisait chaque jour donner plus d’attention à sa toilette. Elle rayonnait d’un bonheur naïf, et se sentait plus proche de sa sœur que jamais, pensant comprendre l’univers dans lequel elle vivait. Elle ne fit plus que rire, sourire et s’enjouer.
« Toi et moi, on s’était dit pour la vie, pour toujours, jusqu’à jamais, jusqu’au bout du monde, jusqu’au bout de notre corps, jusqu’au bout de notre âme, jusqu’à ce qu’on en puisse plus, jusqu’à ce que tout s’effondre, jusqu’à ce qu’il n’y ai plus que de la cendre, jusqu’à ce que le monde s’arrête de bouger, jusqu’à ce que la terre s’arrête de tourner, jusqu’à ce que le ciel nous tombe sur la tête, jusqu’à ce que nos cœurs s’arrêtent. Tu te souviens ? Tu te souviens … ? »
« Oublie moi Vipère. »

La désillusion la frappa comme un poignard en plein ventre. Lui, qui avait toujours été plus distant, moins impliqué, moins palpable, comme un soupir, partit comme il était arrivé, brûlant. Il se contenta de lui dire que c’était fini entre eux, qu’il ne l’aimait plus, et qu’une autre, sûrement plus belle, ou plus populaire, avait pris sa place ; car il est vrai que le regard du clan sur leur union improbable, sur cette marginale devenue importante aux yeux de quelqu’un d’autre que son frère et sa sœur, pesait lourd. Sans réellement explication, il la laissa là, sans sembler souffrir de l’abandonner, sans même avoir l’air de s’en préoccuper. Connaissez-vous la délicatement écœurante sensation d’être remplacée ? De n’être qu’une personne interchangeable, sans réelle profondeur, sans importance ? D’être condamnée à être la numéro deux, le plan B, la roue de secours ? Vous n’imaginez pas à quel point ce sentiment peu déchirer en vous toute votre estime et toute votre confiance, et ne laisser qu’une plaie béante brûlée par l’acide délétère des remords et de la honte. Le souffle court pendant des jours, incapable de respirer, se sentant vivre dans une apnée constante, elle jeûna. Jeûna pour se purifier, jeûna par dépit, jeûna par douleur. Par dégoût de la vie, elle se laissa mourir, et peut être un peu, aussi, pour qu’il réalise ce qu’il lui avait fait, par haine, et parce qu’à défaut de pouvoir le frapper et le maltraiter pour se venger, il ne lui restait que la seconde instigatrice de sa douleur à haïr, c'est-à-dire elle-même. Pendant des jours, même des semaines, elle ne mangea que pour subsister, et se décharna peu à peu. Elle avait cessé de sourire, cessé de rire, et ne promenait sur le monde qu’un regard où la honte d’avoir été trompée, la rage et la détresse se battaient en duel. Lorsque, au bord de la syncope, elle se trainait jusqu’à la tanière de son frère, il lui murmurait sans discontinuer des discours d’espoir, des promesses de soutien, des odes à la vie. Il mêlait à ses traitements des plantes vitaminées, il la forçait à manger, alternant les techniques, rivalisant d’intelligence avec les meilleurs stratèges qu’il eut été sur Terre. Bohème, elle, l’illumina de toute son ingénuité, lui tirant quelques sourires, parfois un bref rire, apaisant pendant quelques instants la tourmente dans son esprit.
« Tu sais, Vipère, tu as un cœur en deux parties. Mais ce n'est pas grave. C'est juste que comme j'ai un cœur unifié, je ne comprends pas comment le tien fonctionne, et j'ai l'impression que toi non plus, tu ne comprends pas. Tu as l'air d'avoir des épines à l'intérieur, tu sais, comme ces colliers que les Bipèdes mettent aux cous de leurs chiens, avec les piques vers l'intérieur. Tu n'es pas heureuse, et tu empales ton cœur sur ces épines, tant que même moi je le vois. Tu sais, tu pourrais être heureuse. »
Ce fut le déclic qui lui rappela qu’elle n’avait pas le droit de les laisser tomber, qu’elle était leur protectrice, leur grande sœur. Le déclic qui lui rappela qu’il n’y avait aucun intérêt à se laisser mourir par amour. Le déclic qui transforma ce qui restait de désespoir en rage de réussir, en violence vivifiante.





PARTIE QUATRE ; plus jamais un exploité, à jamais un révolté !

« Moi je ne veux plus bosser juste pour payer mon loyer, sans jamais en profiter, j'en ai marre de me lever pour gagner si peu de blé et de rentrer toujours crevé ; alors moi j'ai décidé que ça ne pouvait plus durer, que ça ne pouvait plus durer ! Oui, j'emmerde la société, à jamais un révolté ! Oui, j'emmerde la société, plus jamais un exploité ! Je n'ai plus peur de galérer même si je dois en crever, je n'ai plus à obéir, je n'ai peut-être plus de blé mais j'ai repris ma liberté, j'ai retrouvé ma fierté même si je suis devenu un chien perdu sans collier, un chien perdu sans collier ! Oui, j'emmerde la société, à jamais un révolté ! Oui, j'emmerde la société, plus jamais un exploité ! »
LES SALES MAJESTES - OUI J'EMMERDE


Le rétablissement ne fut pas un long parcours simple et facile, et elle en conserva des séquelles, alternant les phases de jeûne et celles de frénésie alimentaire. Légèrement instable, mais toutefois vivante, elle tomba donc de haut lorsque, à la mort du meneur, son successeur, l’ancien lieutenant, la choisit comme second. La réaction du clan fut unanime : quoi, une jeune, une enfant, tout juste sortie d’une longue dépression, une instable, une malade ? Loin de se laisser démonter par l’opinion publique, elle décida de prendre son courage à deux pattes, et d’aller voir en face le nouveau meneur, pour lui partager son avis sur la question. Avis d’ailleurs particulièrement tranché, qui était qu’elle ne voulait pas de ce poste, qu’elle ne voulait pas gérer un clan qu’elle abhorrait, et qu’il avait tout intérêt à trouver rapidement quelqu’un d’autre avant qu’elle ne foute le clan à feu et à sang. Mais le vétéran vieillissant devenait sénile, ou du moins feint la sénilité, pour éviter de lui répondre, et se contenta d’un discours incohérent vantant tantôt ses mérites tantôt le clan des étoiles. Dépitée, elle se jura de ne pas abandonner et de continuer à pousser jusqu’à ce qu’il n’accepte de prendre un autre second. Pendant plusieurs jours, peut-être même plusieurs semaines, elle tint bon, continuant d’accumuler les arguments à l’encontre de sa nomination, se dénigrant elle-même, consciente de la tension palpable dans laquelle vivait le clan, peu emballé à l’idée d’avoir cette marginale au-dessus d’eux. Personne ne comprenait réellement le choix du vétéran ; délire sénile ? confiance totale en les capacités de son ancienne novice ? pied de nez à la « haute » du clan qui se battait pour prendre le pouvoir ? irresponsabilité d’un meneur ne réalisant pas le poids de sa décision ?
Personne ne le sut réellement, puisqu’avant que Vipère ne parvienne à le décider de choisir quelqu’un d’autre, il expira son dernier soupir. Il mourut en silence, après l’avoir fait appeler à son côté, la regardant avec ce léger sourire qu’elle lui connaissait si bien, et avec une lueur de complicité dans le regard, comme s’ils partageaient un secret, qu’elle ne connaissait pas. Il finit par fermer les yeux, lâcha un râle presqu’imperceptible, et se détendit. La tension qu’elle portait depuis sa nomination finit alors par atteindre son paroxysme, et ses nerfs craquèrent ; ses jambes se mirent à flageoler, elle sortit en tremblant et se réfugia dans la tanière de son frère, incapable de se faire à l’idée qu’elle était désormais la meneuse du Clan de l’Ombre.
La nouvelle de la mort du chef fit le tour du camp pendant qu’elle était encore enfermée dans la tanière de Chimère, avec Bohème, et lorsqu’elle finit par prendre son courage à demain et sortir, tous les regards étaient rivés sur elle. Pour la première fois de sa vie, elle ressentit une émotion nouvelle, la peur de son propre clan. Longtemps, elle les avait jugés, méprisés, critiqués, longtemps, elle avait vu leurs défauts, mais pour la première fois, elle se sentit désespérément vulnérable face à la masse immense et puissante de l’opinion publique. Elle éprouva une intense envie de tourner les talons et de s’enfuir à toute allure, mais un regard derrière elle lui suffit à croiser les regards encourageants de sa fratrie, et elle finit par sauter, avec un peu d’hésitation, sur le promontoire. Après un long silence, elle finit par prendre la parole, annonçant enfin officiellement le décès de son supérieur. Avec un nouveau temps d’hésitation, elle annonça qu’elle était leur nouvelle meneuse, et qu’elle ferait le lendemain le voyage à la pierre de lune.
Ils la prirent de court lorsqu’ils lui demandèrent le nom du nouveau lieutenant.
« Je … Euh … Âme Bohème. Le nouveau lieutenant est Âme Bohème. »
Sur le coup, elle se demanda pourquoi elle avait choisi sa sœur, ce qui lui avait pris ; puis, après une brève réflexion, elle réalisa qu’il s’agissait de l’unique guerrière en qui elle avait toute confiance, puisque Chimère était guérisseur.
Le lendemain, elle laissa donc le clan aux mains de sa sœur, lui promettant de revenir vite, et partit. Arrivée à la pierre de lune, elle suivit le protocole, et s’endormit le nez contre la pierre. Elle ne sut jamais ce qu’elle devait penser du rêve qu’elle fit. Avait-elle réellement parlé au clan des Etoiles ? N’était-ce pas qu’une élucubration de son esprit plus crédule qu’elle ne le pensait et pris au piège par l’ambiance mystique des lieux ? Avait-elle réellement neuf vies ? Etait-elle toujours aussi mortelle que les autres ?
L’esprit empli de question, elle revint au camp, et prenant une grande inspiration, se prépara à l’idée d’être à sa tête, soutenue par son frère et sa sœur.



Wesh les gens, moi c'est Mocerino, j'ai dix-sept ans et je ne mords pas :3 Cette présentation est encore en construction car je l'ai repêchée d'un vieux forum, et que je n'ai pas encore pu la modifier. :V

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HECTOR ─ C'est beau, la Grèce ?
HELENE ─ Pâris l'a trouvée belle.
HECTOR ─ Je vous demande si c'est beau la Grèce sans Hélène ?
HELENE ─ Merci pour Hélène.
HECTOR ─ Enfin, comment est-ce, depuis qu'on en parle ?
HELENE ─ C'est beaucoup de rois et de chèvres éparpillés sur du marbre.
HECTOR ─ Si les rois sont dorés et les chèvres angora, ça ne doit pas être mal au soleil levant.
HELENE ─ Je me lève tard.



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MessageSujet: Re: ETOILE DES VIPÈRES ▲ « 'cause we're so sick of you »   Mar 29 Avr - 15:29

Place, sait-on jamais :V
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MessageSujet: Re: ETOILE DES VIPÈRES ▲ « 'cause we're so sick of you »   Jeu 1 Mai - 5:40


    HAN MOMO.
    Ici Kachi' :3 Eh ben ça fait longtemps qu'on ne s'était plus retrouvé sur un forum !
    Hâte de lire la suite \o/

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MessageSujet: Re: ETOILE DES VIPÈRES ▲ « 'cause we're so sick of you »   Jeu 1 Mai - 6:49

... MOMOOOOOOOOOO <3333 *lance des coeurs partout et câline* Inutile de dire que ton début de prez déchire, ta signa déchire, tout déchiiiire @____@ Faut vraiment qu'on se voit un lien ! :B Ca promet avec ta miss. What a Face
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MessageSujet: Re: ETOILE DES VIPÈRES ▲ « 'cause we're so sick of you »   Ven 2 Mai - 16:08

Owi owi ma Kachi I love you *énorme câlin*
Ravie d'te plaire ma Loofy Cool *sisi c'est la classe*

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MessageSujet: Re: ETOILE DES VIPÈRES ▲ « 'cause we're so sick of you »   Lun 26 Mai - 19:55

Alors ça avance ? ^^

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MessageSujet: Re: ETOILE DES VIPÈRES ▲ « 'cause we're so sick of you »   Mar 27 Mai - 19:39

Comme je l'ai dit récemment à Loonfayer, oui, ça avance, mais je suis en révision de bac, j'ai des problèmes personnels qui me bloquent un peu, mais non, ne t'inquiète pas, tout sera près à temps, if ya see what i mean.

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MessageSujet: Re: ETOILE DES VIPÈRES ▲ « 'cause we're so sick of you »   Mer 28 Mai - 5:11

Meme réponse que pour la fiche de Chimères du coup. Et " dans les temps " est largement dépassé.

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MessageSujet: Re: ETOILE DES VIPÈRES ▲ « 'cause we're so sick of you »   Mer 28 Mai - 21:45

J'espérais que tu comprendrais que je mentionnais par là l'assemblée, puis que je suis dans les temps, mais apparemment c'est rapé. :)
J'ai donc mis le turbo pour finir, tant pis pour la fin de l'histoire qui est bâclée et pour ma soirée de révision qui vole en fumée ^^

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MessageSujet: Re: ETOILE DES VIPÈRES ▲ « 'cause we're so sick of you »   Mer 28 Mai - 21:54

Validoch, cey génial tout ça *___* *lance un cookie et hug*
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MessageSujet: Re: ETOILE DES VIPÈRES ▲ « 'cause we're so sick of you »   Ven 30 Mai - 12:22

Bienvenue !

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